Dette

Dessin crayons de couleur

La mémoire perdue de sa propre vie

L’oubli de son image

Un jour de neige perdre sa trace

Tous ces lieux parcourus

ces sentiments

ces visages

ces romans

ces exercices de beauté

devant des miroirs amnésiques

Ces tremblements sur la plaque sensible

fluctuations de limaille

affolements d’aimants

Oubliés !

Comment ne pas s’égarer

dans la géographie mouvante

des paysages

des visages aimés

saturés de lumière

de désir

Comment nourrir

la vibration noire

faire jaillir

l’éblouissement d’enfance

l’intense étincelle

irriguer

la parcelle de conscience

rendre à soi même

l’envie de parole

reconquérir sa vie

Comment offrir l’amour promis

Instantané


Vieil autoportrait d’après un polaroid (encre et lavis – Joël Hamm)

Me suis mis à la poubelle

tout droit

Un polaroïd c’est peu de chose

J’étais beau dessus

mais pas très net

et triste en plus

Aurait fallu le bidouiller

le nacrer

l’oranger

l’orer

le verdir

C’est ce que j’ai fait

à treize heures zéro neuf

exactement

cet après-midi

Cela n’a pas suffit

Quand je pense

Que certains se mirent

dans l’eau de leur bain

Je me demande si j’ai bien fait

de foutre à la poubelle

ma tête de polaroïd

Soleil

Vue depuis la fenêtre

J’ai vu le soleil se coucher

dix sept mille fois depuis ma naissance

Ce soir le mistral sculpte des toupies bleues

dans le ciel carmin

Qui respire la grâce

d’un soir sans amertume

enjambe d’un pas

l’enfance de son âme

Qui voit l’instant de la balance

à son juste équilibre

pèse le rêve d’un enfant

Et alors ?

Couple (huile sur bois- détail -Joël Hamm)

Qu’est-ce qu’on attend pour absorber la faute

pour investir ailleurs

si cette vie n’est pas un bon placement

Nous avons connu des jours meilleurs

Nos baisers fous

rendaient jaloux

les pièges à loups

Buveurs de salive

saoulés

du sang de nos langues

nous rendions l’âme

cœur exsangue

Nous ne serons plus au monde

si petit

si méchant

Notre photo récente

montre

indécente

notre faible épaisseur