Soupe populaire

   Ce qu’il faut pour garder la santé, c’est l’optimisme et varier les menus.  Un jour aux Restos du Cœur, place de la République, le lendemain boulevard de Ménilmontant, devant le portail clos du cimetière du Père-Lachaise. C’est un peu bruyant, les gens s’impatientent mais le camion de la mairie arrive toujours à 19h30. Je suis caissière dans un hyper de banlieue. Je passe 22 stations de métro pour venir. Quand mes horaires de travail me le permettent, j’essaie d’être parmi les premiers à attendre. C’est qu’on est près de 600. La patience est une qualité de pauvres. Plus de chéquier, plus de carte bleue, mes fins de mois commencent le 8. Ils servent de la soupe à volonté. C’est chaud, c’est bon. Que demander de plus. J’ai un petit appétit. Pourtant je me fatigue au boulot. Je bosse à toute heure du jour et de la nuit, été comme hiver. Ça change tout le temps. Le travail flexible, ça vous rigidifie le dos, je vous le dis. La direction de l’hyper vient de m’augmenter. Un euros de l’heure en plus. Un pactole ! Ça ne m’arrange pas. Je vais dépasser le plafond. J’ai peur de ne plus avoir droit à la Complémentaire Santé Solidaire (C2S)*. Il paraît même que maintenant, je dépasse le seuil de pauvreté. Dommage que le seuil de richesse n’existe pas…

* ancienne CMU

4 réflexions sur “Soupe populaire

  1. On voudrait sourire mais la réalité prend le dessus. Quelle honte qu’un pays où des gens qui travaillent n’arrivent pas à faire un repas correct.! Sans parler de ceux qui n’ont plus un toit sur la tête…Et ce n’est pas parti pour changer…

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