Colère

Une page de l’enfance de Vincent Malbec…

Explosion

La cour de récréation.

   Je suis fasciné par le soleil qui radiographie une feuille de marronnier.

   Choc entre les épaules.

   Bousculade.

   Genoux en sang, je me relève. Les cris absorbent les couleurs, l’oxygène. Je bondis sur le premier de ceux qui tournent autour de moi en hurlant. Ma vue se brouille.

   Je reprends mes esprits, couché sur le dos. Les battements de mon cœur résonnent sous le préau. Je perçois une voix au-dessus de moi. Je distingue mal les traits du maître, à contre jour. La lumière est éblouissante, insupportable. Je détourne la tête et les lacs de larmes retenus par mes paupières roulent sur béton du sol.

– Te voilà calmé ! dit le maître. Qu’est-ce qui t’a pris?

   Je veux me relever. Il m’en empêche. Sa grosse patte me plaque au sol.

  – Ne bouge pas ! Tes parents arrivent. Il faut te faire soigner, mon petit ami !

   Tous les élèves nous entourent, graves et silencieux. Celui que j’ai tenté d’étrangler se tient près du maître, une main sur la gorge.

   Plus tard, le psychologue me demande des explications, je dis :

   – Ils m’ont dérangé. J’étais tranquille avec le soleil.

   Le psy fait une drôle de moue. Il me donne rendez-vous la semaine suivante. Je lui réponds qu’il peut toujours attendre.

   Il me toise et dit :

   – La colère et la tristesse sont les versants d’une même montagne. Tu ne crois pas ?

   Je me lève et je sors de son bureau.

   La colère et la tristesse, je connais mieux que lui. Quand je me bagarre, une partie de moi demeure calme, spectatrice de mes actes, évaluant leurs conséquences et analysant chacun des mouvements de mon corps. Je frappe méchamment, surtout si on m’a bousculé pendant mes rêveries. Quand je me rends compte de ma brutalité, j’ai pitié de mon adversaire. Je le laisse me battre ou je me cogne la tête contre un mur.

   Dans la journée, si personne ne m’embête, je vais bien. C’est le soir que je panique, quand le soleil décline. Je me mets à courir. Ma raison disparaît plus vite que le jour. Je fonce au bout du jardin, l’œil fixé sur la clarté blanche qui jaillit de la buanderie où se grand-mère étend le linge. Dans l’appentis, l’éclat de la lampe est aveuglant. La main sur les yeux, je l’entends qui m’appelle avec son accent italien :    – Viens près de moi, petit. Laisse la nuit derrière toi !

ANIMAUX

Un millimètre à l’écart du monde, suite…

Incendie

J’ai sept ans. C’est la nuit. J’appelle ma mère qui tarde à venir. Je n’ose pas bouger. Je vois, dans la lueur de la veilleuse, une savane incendiée où fuient des animaux.

   Je finis par m’endormir et m’éveille adulte, le regard égaré dans le désert blanc du plafond. Ma mère a disparu depuis des années. La savane a fini par s’éteindre et les bêtes affolées ne viennent plus se réfugier dans mes rêves. J’ai pourtant appris à les aimer et à ne pas les craindre.

   Girafe aux pattes d’herbe, muette au long cou, guépard royal du Miombo, oryx et gnous, gazelles aux yeux d’énigme, où êtes-vous ? Et vous mouettes au long cours, quelle tempête vous exila loin de moi ? Avez-vous vu, du haut du ciel, l’ours tranquille voleur de miel qui me protégeait des hivers ? Avez-vous survolé les deux grands bœufs blancs marqués de roux qui rentraient à l’étable de cette chanson chantée par mon grand-père à la fin des banquets ?

   Te souviens-tu, chenille de soie, du cocon qui nous abritait au cœur du mûrier ? Quelqu’un dévida notre écheveau pour tisser une robe de noce. Je revois la mariée assise sur une carriole tirée par un cheval blanc, tous derrière et lui devant. Sa traîne flottait sur les colzas en fleurs. Je mâchonnais des trèfles en traversant les champs et je m’endormais à l’ombre d’un pommier, bercé par le bêlement des agneaux de lait, mes frères de laine, petits nuages des prairies agrippés aux tétines d’étoiles de la voie lactée.

   Douceur des soirs d’été où je rentrais à la maison, guidé par le fanal du perron qui satellisait des myriades d’insectes lumineux. Eh, les éphémères, quelle seconde parfumée nous parut un siècle et nous vit griller sur la lampe ?

   J’ai survécu à ces désastres, à ces beautés, mais le sable de l’arène est sombre à la fin de la journée.

   Toi, le taureau noir, notre sang comète quelle banderille d’acier le fit jaillir et rouler mercure sur la poussière ? Rappelle-toi nos coups de cornes contre les vantaux.

   Vers quelle ellipse glissons-nous ?

   Ils meurent tous les animaux, ceux des rêves et ceux de la réalité que nous assassinons salement.

   Je repense à cette vieille photographie, un matin de Noël. J’avais le regard clair, un large chapeau de feutre et je brandissais deux colts en plastique. J’ai encore l’odeur de la panoplie neuve dans les narines.    Cow-boy, justicier de mes nuits d’enfance, fais sortir du corral mes chevaux tristes. Et ne chasse pas les moineaux rieurs qui picorent leur crottin.

Champagne !

Suite des confessions de Vincent Malbec…

Raymond Hains (1926-2005)

Quand je retrouve mes parents après un long temps d’absence, j’ai toujours tendance à parler plus vite qu’eux en racontant ma vie sous son meilleur jour. Cette fois encore, je ne manque pas à la tradition et, à peine entré chez eux, au moment où ma mère m’accueille, je déverse un flot de paroles outrageusement optimiste et anodin pour retarder ses annonces de catastrophes habituelles, la boulangerie saccagée par des voyous, le voisin mort d’apoplexie, et pourtant il avait deux ans de moins que nous etc.

   Hélas, je défie quiconque de pouvoir tenir un discours, si creux soit-il, pendant plus de cinq minutes sans reprendre sa respiration. C’est ce court temps vital que choisit ma mère pour se lancer à son tour

   – Tu n’as rien remarqué ? demande-t-elle d’une voix brisée.

   Voyons voir, je réfléchis, non je ne vois pas. Ah, si !

   – Tu veux parler de l’interphone qu’ils ont installé en bas.

   Je me lance dans un discours sur l’obsession sécuritaire du moment, reprends ma respiration en un millième de seconde. Pas assez rapide. Elle m’interrompt.

   – Regarde !

   Elle désigne la corbeille de la chienne sous le radiateur. Vide. Bon sang, c’est vrai, la Prunelle n’a pas aboyé pendant que je montais l’escalier. Habituellement, elle me repère avant même que je grimpe les marches. Ma mère devine ma venue à ses aboiements, un ton très particulier qui m’est exclusivement réservé. C’est que je l’ai mise au monde, cette chose. Elle me fait la fête, des bonds d’un mètre cinquante en plein plexus, griffes en avant. Couché ! Couché, Prunelle ! Bordel, ma chemise !

   Mince, la corbeille est vide !

   –Tiens oui, où est-il le clebs infernal, et papa, au fait, pas là non plus ?

   – Elle est morte il y a cinq jours, lance ma mère dans un souffle.

   – Oui, mais papa…

   – Il dort. Il dort tout le temps. Je crois qu’il est malade.

   Ça me fiche un coup. J’enchaîne.

   – C’est arrivé comment ?

   J’ai droit au récit de la maladie du chien, depuis les premiers symptômes, elle avait un regard pas comme d’habitude, jusqu’à l’agonie, on aurait dit qu’elle comprenait, qu’elle ne voulait pas nous faire de peine. Des sanglots avortés entrecoupent son récit. Elle est incroyable. Elle parle de sa chienne comme si c’était le problème le plus important du moment alors que son mari se transforme doucement en légume.

   Et moi, je compatis…

   Ma main se pose sur la sienne, presque malgré moi. Elle s’apaise, se tamponne les yeux. Je romps le silence, une question idiote, sans rapport avec mes inquiétudes.

   – Elle avait quel âge, Prunelle ?

   Ma mère me regarde. Elle récite la biographie de la chienne extraordinaire. Prunelle unique ! J’adopte une attitude attentive, mais je ne l’écoute pas vraiment. Elle décide de me faire une tisane. Une tisane à la poussière de temps. Je l’entends, depuis la cuisine, ronronner ses petits malheurs. Je ne l’écoute pas vraiment.

   – …Jamais, non jamais!

   Sa voix me ramène à la réalité. Elle est près de moi, j’ai dû somnoler.

   – Comment ça, jamais?

   – Jamais plus nous ne reprendrons un chien.

   Ma mère reste pensive pendant que je nous sers la tisane. Le jour décline. Nous buvons sans rien dire. Le silence dure. Nous sommes deux silhouettes autour de la table de la salle à manger. Si nous ne bougeons pas, l’obscurité, dans quelques minutes, nous aura totalement absorbés, dissous. Demain, notre seule trace en ce monde sera ces deux bols vides sur la toile cirée.

   – Dis, maman! Et papa ? On ne devrait pas le réveiller ? Elle est un peu longue sa sieste ? Non ?

   – Si tu avais annoncé ta venue, il aurait peut-être fait un effort. Depuis sa grippe, il est bizarre.

   – Comment ça ?

   – Il dort presque toute la journée, et la nuit il me réveille pour me parler du temps qu’il fait ou de ce qui lui passe par la tête. Hier, il cherchait la chienne pour aller la promener. Il perd la boule. Depuis qu’elle est morte, ça s’aggrave. Quand j’y réfléchis, ça fait parti d’un ensemble. Tu sais qu’il a vendu la voiture. Ça encore, je comprends, je commençais à avoir peur avec lui. L’embêtant, c’est pour d’aller faire les courses, maintenant. Et puis, tout l’ennuie. Il ne va plus à la pêche et, tiens-toi bien, il a renoncé à faire son tiercé. Je l’ai dans mes jambes toute la journée.

   – Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? Tu en as parlé au médecin ? Ça porte un nom ce qu’il a.

   – Ah ? Tiens… Le docteur dit que ça passera, petit à petit. Il lui a donné un somnifère et une autre cochonnerie, pour l’humeur.

   – Je vais aller voir…

   Je me dirige vers leur chambre.

   – Pas ici. Il dort dans ta chambre.

   Je m’arrête un instant, un peu désappointé. J’étais en train de me dire que j’aurais pu rester dormir, et prendre le temps d’examiner la situation d’un peu plus près.

   La lampe du couloir ne fonctionne pas, le papier peint en lambeaux m’évoque la peau d’un grand brûlé. C’est aussi réussi qu’un tableau de Raymond Hains. Il fut un temps où le père retapissait une pièce pour moins que ça. Les murs se resserrent sur mon passage. Une pulsation sonore rabote l’air. Je sens la porte de la chambre vibrer quand je tourne la poignée. Mon père dort tout habillé, allongé sur le dos. Il ronfle. Ses lèvres, sous le souffle puissant et régulier de ses expirations, broutent l’air comme celles d’un cheval qui s’ébroue. Il dort tout habillé sous le couvre lit, silhouette de cachalot échoué. L’éclairage de la lampe de chevet accentue la profondeur de ses rides, la pâleur de son teint. Je pose ma main sur son bras. Les ronflements cessent. Il se retourne dans un concert de craquements et de grincements de ressort. Il continue son somme. Je m’assieds sur une chaise, près du lit. Mon ancienne chambre a gardé son atmosphère. Je la partageais avec un de mes frères. Je vois mes vieilles affiches au mur, la photographie de Modigliani, surtout, que j’adulais, des reproductions de tableaux. Je me souviens que la toile de Serge Poliakoff nommée obscurité était une composition grise et rouge. Elle est devenue presque jaune. Je retrouve aussi deux ou trois carceri de Piranèse qui m’inspiraient à l’époque et un autoportrait d’Antonin Arthaud. Les médailles d’athlétisme de mon frère Etienne brillent dans leur vitrine. Sans doute briquées régulièrement par ma mère. Ma maquette de goélette n’a pas un grain de poussière. On dirait l’antre de deux morts, pieusement conservée en l’état. Tout m’est familier ici, sauf l’ordre entretenu et la présence de mon père dans ce lit trop étroit pour lui. Les volets ne sont pas fermés. Les lumières de la ville poinçonnent la nuit. Je ne sais plus quoi penser. Je songe à Irina, ma compagne. Mes parents ignorent son existence. Celle aussi de l’enfant qu’elle porte. Tout à l’heure, j’ai laissé geindre ma mère sans l’interrompre, sans lui annoncer la seule nouvelle capable de lui rendre le sourire.

   J’appellerai Irina tout à l’heure. Je n’aime pas la laisser seule.

   J’entends les pas de ma mère dans le couloir. Je vais réveiller mon père. Il dort depuis si longtemps. C’est à peine si j’entends sa respiration. Allez, je le secoue. Il émet un râle, claque un peu des lèvres, entrouvre un œil, me découvre penché sur lui. Il hésite, me sourit.

   – Il doit être tard, fils, non ? 

   Je me retiens de lui répondre à quel point. Je l’aide à se lever, à se mettre debout. Il me malaxe l’épaule de sa grosse poigne en me regardant droit dans les yeux.

   – Puisque tu es là, on va s’ouvrir une petite bouteille de champ. Maman ne pourra rien dire…

La visite

Le livre de Vincent Malbec, suite…

C’est ici…

L’immeuble de briques. Quatre étages, une trentaine de locataires, dont mes parents.

   Du linge au balcon. Ils sont chez eux. Désarroi, gel au cœur. Cinq ans sans les voir. Je crains leurs rides, leur probable décrépitude, leurs reproches muets.

   L’idée de passer plus d’une heure chez eux m’affole. Souvenir de mon adolescence étouffée par le papier peint beigeasse et leurs appréhensions maladives.

   Je leur téléphone rarement. C’est réciproque. Ils ne se déplacent jamais, malgré mes invitations. La saison est trop froide, trop chaude, des examens médicaux urgents à subir, voyager n’est plus de notre âge, porter les valises, attendre le taxi, mes rhumatismes… En fin de compte, leurs atermoiements me satisfont. Mauvais fils que je suis. Inconstant et oublieux.

   Je déteste ce quartier de la banlieue nord. Ma chambre au troisième étage dominait des centaines de pavillons alignés au cordeau le long de rues perpendiculaires. Tout ça bien entretenu,  ripoliné, cimenté et fleuri à l’unisson. Une réplique du cimetière du Père Lachaise. Avec en prime, aux beaux jours, le rituel concert de tondeuses du samedi et l’odeur de l’herbe polluée par celle du mélange deux temps. Et Noël ! Tous ces sapins plantés au fond du jardin, clignotant par milliers dans la nuit humide ! Ils menacent de s’abattre sur les maisons maintenant qu’ils sont devenus gigantesques et que les enfants ont déserté le nid.

   Mes rêves survolaient les barres des cités qui encadrent ce quartier. Mon esprit voguait au-delà de la brume noire qui annonce Paris, du côté de la porte de Pantin. Je me sauvais comme ça…

   Défense de stationner, sortie de véhicule, propriété privée, attention au chien. Je me gare derrière une camionnette déglinguée. 

   Je me souviens du jour où j’ai annoncé à mes parents que j’allais divorcer de Lola, que je m’étais engagé dans l’armée et que je venais leur dire au revoir. Mon père, les mâchoires crispées, a disparu dans la cuisine. Ma mère s’est laissée choir sur une chaise. Elle a dit, après un silence :

   – Tu ne viendras donc pas dimanche… Lola, tu as pensé à elle ! Et toi, qu’est-ce que tu vas devenir, mon pauvre garçon ?

    – Je verrai bien. Je serai peut-être utile à quelque chose.

   Elle a haussé les épaules.

   – L’armée n’est pas pour toi. On ne t’a pas élevé pour que tu ailles te faire tuer ou tuer les autres. Réfléchis…

   Je me présente à l’entrée de l’immeuble. J’ai le cœur qui bat la chamade. Tiens, ils ont installé un interphone, un digicode et une porte renforcée. Je sonne.

   – Oui.

   – C’est moi !

   – Je t’ouvre.

   Une si longue absence et c’est tout. La voix lasse de ma mère, comme si je revenais du supermarché d’à côté.    Un clic. La porte se déverrouille. J’hésite un peu et je grimpe les étages sur mes  jambes de flanelle.

COMPASSION

Continuons à feuilleter le recueil de Vincent Malbec (personnage du roman « Un millimètre à l’écart du monde »)

Consolation

Lorsque j’étais enfant, j’avais déjà tendance à m’émouvoir face à tous les bancals de l’existence, les infirmes de naissance, les faibles, ceux qui subissent leur sort, sans défense. Ma compassion était fille de mon sentiment de révolte contre un dieu qui, s’il existait, était un créateur sadique ou maladroit, un tâcheron qui avait permis l’injustice et la souffrance. Ou bien j’imaginais un pervers qui avait donné à sa marionnette humaine la capacité de penser, de s’émanciper de son état naturel, tout en le limitant à sa condition de mortel, de maquette inaboutie et impuissante. Il avait dû s’amuser, le Créateur, à pétrir un faux démiurge fanfaronnant face aux forces qui le dominent mais impuissant à les vaincre. Est-Il satisfait de voir sa créature détruire la nature à coups d’innovations techniques, se condamnant ainsi irrémédiablement ?

   Encore maintenant, je retiens mes larmes lorsque je croise un malheur sur pattes : une vieille femme qui fouille les poubelles d’après marché,  ses mollets énormes serrés par des bandes tachées ; la naine qui, chaque matin, attend le bus du Centre d’Aide par le Travail ; un trisomique d’une quarantaine d’année à qui son père fait mille recommandations appuyées sur le quai de la gare. Et le fils marmotte : Tu  me l’as déjà dit, je ne suis plus un enfant. Le père, un homme âgé, portant beau, costume de velours et gilet à l’ancienne, se détourne, paraissant vexé par la réflexion de son fils qui s’approche de lui, appuie la tête sur son épaule en disant, le regard humide : Je t’aime, papa ! Et son père, l’air accablé, lui répond : Je sais bien, je sais bien.  Sur le quai, le fils, qui va prendre son train entré en gare, se retourne tous les deux mètres. Le père lève la main, à peine, tourne le dos et se dirige vers la sortie en s’appuyant sur sa canne.

Nous aurons…

Mouton rebelle

En guise de vœux, le texte de cette chanson de Richard Desjardins :

NOUS AURONS

Nous aurons des corbeilles pleines
De roses noires pour tuer la haine
Des territoires coulés dans nos veines
Et des amours qui valent la peine

Nous aurons tout ce qui nous manque

Des feux d’argent aux portes des banques
Des abattoirs de millionnaires
Des réservoirs d’années-lumière

Nous aurons des corbeilles pleines
De roses noires pour tuer la haine
Des territoires coulés dans nos veines
Et des amours qui valent la peine

Nous aurons tout ce qui nous manque
Des feux d’argent aux portes des banques
Des abattoirs de millionnaires
Des réservoirs d’années-lumière

Et s’il n’y a pas de lune
Nous en ferons une.


Si vous ne connaissez pas Richard, poète, chanteur, musicien Canadien , voici quelques aperçus :

Nous aurons : https://www.youtube.com/watch?v=BsL0VHj0pkU

Va t’en Pas :https://www.youtube.com/watch?v=9BHfrAjMMkw

Les yankees : https://www.youtube.com/watch?v=Kv67u9l-3KQ

Le Site officiel de Richard Desjardins : https://www.richarddesjardins.com/