IVRESSE DE LA CHUTE

Recueil de Nouvelle

Avant de continuer à publier les réflexions de Vincent malbec, je me propose dans les jours qui viennent de publier ici quelques débuts de nouvelles contenues dans ce recueil paru chez Zonaires éditions.

En voici déjà la préface par Françoise Guérin :

    Ça s’est passé il y a douze ou treize ans, je crois. Une drôle d’expérience, vraiment… Je me suis aventurée dans ce texte, sans savoir. On ne nous prévient pas toujours et le nom de Joël Hamm, à l’époque, m’était encore inconnu.

Oui, je sais, j’ai manqué de prudence. J’avais quelques minutes devant moi, je n’ai pas réfléchi, j’ai lu. Lu, vous comprenez ? D’une traite, sans respirer. C’était ma première rencontre avec une nouvelle de Joël.

    La suite, vous la connaissez… L’émerveillement devant la simplicité apparente de la chose, un texte sobre et dur qui n’épargnait pas le lecteur mais l’emportait dans une course haletante. C’était fulgurant, noir, à la fois brut et ciselé. Un grand cru.

Évidemment que j’ai pleuré, qu’est-ce que vous croyez ? L’émotion était tapie dans l’ombre, les larmes vous guettaient au détour d’une page. Vous auriez fait quoi, à ma place ?

C’était un de ces moments singuliers où les mots de l’autre vous font rendre les armes. Alors je me suis rendue, humblement, devant la performance littéraire. J’ai cessé d’exister dans le présent, happée par ce texte. J’étais le personnage, j’avais froid et peur et mal au bide à force de courir dans l’obscurité d’une vie ravagée. Courir après quoi ? Je ne me souviens plus. Je sais juste que, ce jour-là, j’ai couru entre les lignes, couru et crié, souffle coupé. Jusqu’à la chute. Et même après, ça continuait, le texte coulait dans mes veines.

    Ensuite ? Ensuite, j’ai fait comme tout le monde, j’ai plongé. Je me disais : une nouvelle, une seule et après j’arrête ! La tentation…

    Cette fois, c’était un texte très différent. L’histoire d’un apprenti engagé dans l’atelier d’un peintre de la Renaissance pour préparer les couleurs du maître. L’auteur ne manquait pas d’audace dans le choix de sujets aussi variés et ce courage était payant. Je me souviens de mon admiration devant la précision de ses descriptions, son souci du détail, son choix soigneux de chaque mot. Le gamin pilait des pigments dans son mortier et j’avais l’impression de voir les couleurs s’exhaler, se mêler aux huiles, produire une matière sensible, épaisse, puissante, là, sous mon nez. Ça me transportait, je me sentais ivre.

    Après… Après, c’était trop tard pour s’arrêter. J’ai replongé, encore et encore. Les nouvelles de Joël Hamm, elles vous filent une belle ivresse, de celles qui vous font voir le monde sous un angle inattendu. Il sait faire ça, Joël.

    Alors, il était temps qu’un recueil rassemble ses plus beaux textes, afin que jamais ne survienne la chute de l’ivresse…

Françoise Guérin

COMMENTAIRES à Propos de Ivresse de la chute : ICI

Ivresse de la chute de Joël Hamm, 160 pages, 15 € (+3,90 de frais de port)
ISBN : 979-10-94810-18-7

Chez ZONAIRES :

2 réflexions sur “IVRESSE DE LA CHUTE

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