CHARCUTERIE

Extrait de mon roman « Le réveil du crabe lune » publié par Zonaires éditions…

Au fil du temps, je posterai des mots tirés de ce roman, à la manière d’un « abécédaire »

Un jour, je suis revenu avec un sac chargé : saucisson, jambon, baguette, chocolat, un litre de vin rouge, des malabars… Le tout acheté avec les sous glanés comme d’habitude dans le porte monnaie de ma mère ou les poches de mon père. Zoubir a protesté.

   – Du porc ! T’es maboul ! Mon père va me tuer !

   – Pourquoi il saurait ? Tu vas lui raconter ? En plus, c’est du cheval. Je te jure !

   J’avais discrètement arraché l’étiquette représentant un cochon rose, hilare, indécent et je lui avais tendu une moitié de sauc’.

   – Cul béni, va !    Il avait eu un regard soupçonneux avant de plonger et replonger ses dents dans la chair grasse. Ensuite, il avait bu une bonne rasade de vin pour combattre le sel de la charcuterie. Zob à la sobriété ! Pour le faire rire, je m’étais fourré des morceaux de couenne de jambon dans les narines en guise de morve et je lui avais avoué ma trahison en exhibant l’étiquette. La tête cassée par le gros rouge, il s’en était fait un badge.

BIDULE

Extrait de mon roman « Le réveil du crabe lune » publié par Zonaires éditions…

Au fil du temps, je posterai des mots tirés de ce roman, à la manière d’un « abécédaire »

Tony sortit de la Jeep.

    – Tu as ton bidule ? questionna Mathis, en se penchant par la portière.

   Le garde du corps écarta son veston, dévoilant la crosse de son arme qui dépassait de sa ceinture.    

– Je veux dire ton téléphone, Ducon !

BARBECUE

Extrait de mon roman « Le réveil du crabe lune » publié par Zonaires éditions…

Au fil du temps, je posterai des mots tirés de ce roman, à la manière d’un « abécédaire »

1-Arrivé chez moi, j’ai préparé un bon barbeuc, j’ai vidé deux maquereaux, les ai mis à griller et je suis allé chercher une bouteille de muscadet bien fraîche. Avec une tomate à la croque au sel, ça me faisait un bon repas dégusté à l’ombre du tilleul.

2- il s’occupait du barbecue installé à trois mètres du camion, histoire d’éviter l’asphyxie des buveurs. C’était le modèle classique made in Ploucland : un ancien bidon d’huile de deux cent litres nettoyé à l’essence enflammée, percé de trous sur les côtés. Les normes européennes pouvaient aller se faire voir ! Pietro avait fixé au-dessus une vieille grille de four qui vrillait sous l’effet de la chaleur.

BAL

Extrait de mon roman « Le réveil du crabe lune » publié par Zonaires éditions…

Au fil du temps, je posterai des mots tirés de ce roman, à la manière d’un « abécédaire »

Les projecteurs stroboscopiques découpaient la chanteuse platinée en rondelles épileptiques. Robe fuchsia trop serrée, elle se trémoussait, en braillant du Claude François mal relooké. L’Espagnol est descendu de son tabouret, son œil ajusté sur le profil déjà aérodynamique d’une gamine venue se démener sous le nez du révolutionnaire cacochyme.

ART

Extrait de mon roman « Le réveil du crabe lune » publié par Zonaires éditions.

Au fil du temps, je posterai des mots tirés de ce roman, à la manière d’un « abécédaire »

Saint Jérôme dans le désert par Joachim Patinier ou Patinir (1483 -1524)

Elle avait tenu à lui montrer comment Patinier avait inventé le paysage, oui, inventé, mon cher Franck, en démontant la toile, en analysant comment le peintre étageait le décor : l’estuaire du fleuve, la campagne, et, au-dessus, les contreforts montagneux surmontés de nuées opaques et sombres.

AMOUR

Extraits de mon roman « Le réveil du crabe lune » publié par Zonaires éditions…

Au fil du temps, je posterai des mots tirés de ce roman, à la manière d’un « abécédaire »

François Gérard (1770 – 1837)

Le visage enfoui dans ses cheveux, j’ai perçu la caresse d’une main douce et fraîche sur ma nuque, une caresse retenue. De l’inédit, du jamais vécu. Plus de trou ni d’odeur puante, plus de corps. Quelques secondes d’éternité. J’ai murmuré à l’oreille de Lucie une phrase oubliée depuis. Le roman-photo s’installait

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Seule Léa parvenait à me sortir de mon marasme. Alors je la dévorais de baisers, plongeais dans son corps offert.

 L’amour avec Léa m’ouvrait des ciels resplendissants, comme lavés après l’orage. Il me poussait des envies de couleurs sur les doigts, de frôlement de pinceaux sur la toile. Je caressais Léa, je la dessinais, parcourant sa peau claire de lacis ondulés.

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Il était resté jusqu’au dernier instant près de sa femme, tenant sa main, sentant sa vie givrer sous ses doigts.

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Pietro se sentait stupide. Une si belle nuit ensemble et la voilà fâchée. Les femmes étaient des énigmes. Il s’approcha d’elle, écarta ses lourdes mèches et murmura à son oreille :

    – Naïma, Naïma !

    Elle se déplia si vivement qu’il en sursauta. Déjà elle l’entourait de ses bras en disant :

    – Tu me croyais vexée. Je suis bonne comédienne, hein ?

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Elle écarta les rideaux. La rue était déserte, tranquille. Elle regarda un moment le buisson de mauves, près de la grille, à l’endroit où il l’avait serrée contre lui.